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Jean-Louis Borloo : « Nous sommes prêts à soutenir des réformes difficiles »

Jean-Louis Borloo : « Nous sommes prêts à soutenir des réformes difficiles »

Le 16/01/2014

Interview de Jean-Louis Borloo - Le Monde - 16/01/2014

Le président de l'Union des démocrates et indépendants (UDI), Jean-Louis Borloo, estime que François Hollande « avoue s'être trompé » depuis son élection et salue un « changement d'état d'esprit » après la conférence de presse du chef de l'Etat, mardi 14 janvier. Il assure en outre que ses élus « soutiendront, y compris des réformes difficiles et impopulaires, si elles sont claires, précises et identifiées ».

Que pensez-vous du « pacte de responsabilité » présenté par François Hollande ?

Il n'a pas le choix, vu le contexte. Nous connaissons un record historique de la dette publique, un record historique de l'écart du chômage avec l'Allemagne, un record depuis trente ans de baisse du pouvoir d'achat… Après la grande crise de 2008, on est rentré dans le grand malaise. Alors que la reprise est partout, la France stagne. Il y a un sentiment de déclin et de désespérance.

François Hollande semble vouloir donner un souffle de liberté. Il avoue s'être trompé depuis dix-huit mois sur la politique économique et sociale. Il revient à des choses simples : les entreprises créent de l'emploi, il faut alléger leurs charges, trop d'impôt tue l'impôt et il faut baisser les dépenses publiques. C'est ce que nous, UDI, lui disons depuis dix-huit mois, y compris, il y a six mois, dans une lettre ouverte.

Il va donc dans le bon sens ?

Permettez-moi de dire que l'on est dans une situation unique en Europe avec l'accumulation d'erreurs idéologiques, opérationnelles et techniques. Le président en a tiré les leçons et tourne le dos à la politique qu'il a menée et à ce qu'il a raconté. Il passe aux aveux. Aujourd'hui, il raconte autre chose. Il y a eu un changement d'état d'esprit.

S'il veut baisser les charges, il peut le faire tout de suite par un vote au Parlement : 6 % pour 2015 et 8 % pour 2016. Et il abandonne l'usine à gaz du CICE qui est un mensonge budgétaire et économique. Là, il serait crédible.

C'est un tournant libéral ?

Pour l'instant, c'est un tournant oral. Mais c'est très important l'oral ! Les gens dans les entreprises se sont réveillés mercredi, même s'ils restent dubitatifs, en ayant plus la pêche que la veille. Ça existe, la mobilisation d'un pays autour de l'entreprise. Depuis le début de son mandat, François Hollande nous a dit tout et son contraire. Mais j'attends de voir, je ne fais pas de procès d'intention. Le changement de discours est positif, mais attention au retour de bâton si ce n'est pas suivi d'effet. François Hollande m'a appris à ne croire que les actes. Pour l'instant, j'ai vu les paroles, pas les actes. Je n'ai d'ailleurs toujours pas compris où étaient les économies.

Comment jugez-vous le rejet du pacte de responsabilité par Jean-François Copé ?

C'est vous le commentateur, pas moi. Ce qui est clair, c'est que l'Alternative et l'UDI ont une position politique autonome. On demande une baisse des charges, une maîtrise des comptes publics, une défense des entreprises… On a une ligne politique. On est à la fois extrêmement sérieux et on ne se paie pas de positions politiciennes gratuites. On est autonomes dans nos appréciations et nos votes. Nous ne sommes ni le PS ni l'UMP.

«  NOUS NE SERONS PAS DANS LE 'NON' SYSTÉMATIQUE  »

Le gouvernement engagera sa responsabilité sur le pacte présenté par M. Hollande. Voterez-vous la confiance ?

Nous ne serons pas dans le « non » systématique. Chaque fois qu'il y aura une mesure qui ira dans le bon sens, nous la voterons. Nous sommes prêts à soutenir, y compris des réformes difficiles et impopulaires, si elles sont claires, précises et identifiées. Avec un objectif, un calendrier, des cibles définies et une méthode.

Si la confiance est votée grâce à vous, la majorité serait-elle redéfinie ?

On peut soutenir des mesures ponctuelles, mais nous n'avons pas vocation à appartenir à la majorité. C'est très important d'avoir une opposition, et une opposition constructive. En outre, c'est le mandat que nous ont confié nos électeurs. Nous sommes plus dans notre rôle dans l'opposition. Nous ne deviendrons pas des éléments de la cour. Ce ne serait pas sain.

La majorité tiendra-t-elle sur ce vote ?

Il est peu probable que des membres de la majorité votent contre le président de la République et souhaitent revenir devant les électeurs. Ceux qui ne seront pas contents s'exprimeront plus au Sénat qu'à l'Assemblée. Il y a peu de risques pour le gouvernement.

Aux élections européennes, certains dirigeants de l'UMP, comme François Fillon, militent pour des listes uniques avec le centre là où le FN est fort. Qu'en pensez-vous ?

L'UMP est, pour l'instant, très mal à l'aise. Il y a des souverainistes, des antieuropéens et aussi des européens convaincus. Je comprends qu'ils soient mal à l'aise ! Et il n'est pas sûr qu'avec des listes communes, le FN fasse moins.

Les européennes sont essentielles. Le choix sera entre l'europhobie, le repli sur soi porté par l'air du temps et un « oui » à la fraternité européenne, que nous incarnons. Ce seront les européens convaincus qui auront la force de faire évoluer l'Union européenne, pas les autres.

Avec le MoDem, il y a un débat pour savoir qui sera tête de liste en Ile-de-France aux élections européennes, entre Rama Yade et Marielle de Sarnez. Est-ce tranché ?

On essaie de faire les choses simplement. On veut envoyer des parlementaires influents, chevronnés et respectés en Europe. En même temps, il faut assurer un renouvellement. C'est cet équilibre qu'il faut trouver dans les semaines qui viennent et qui n'est pas encore arrêté.

Comment sont vos relations avec François Bayrou ?

Cela se passe bien. Il n'y a pas de tensions. Comme décidé avec lui, je suis un peu plus sur le fond des accords pour les municipales et les européennes. Comme vous le savez, il est mobilisé par ailleurs sur un combat qui lui tient à cœur. Les relations sont fluides. Nous nous retrouvons en permanence avec nos équipes respectives.

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