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Intervention d’Edith Gallois sur la charte de la logistique urbaine de marchandises

Le 11/06/2013

Conseil de Paris – juin 2013

Monsieur le Maire,

 

Décidément, vous êtes un adepte de la politique de la Charte. A chaque problématique, on attribue une Charte : ça permet de dire qu’on s’en préoccupe et de la remettre dans le tiroir, sans déranger personne, puisqu’elle se réduit à de pieux engagements sans portée contraignante.

Aujourd’hui, voici le dernier pompon qui vient s’ajouter à la déjà longue guirlande des chartes que la Ville a tressée depuis 2001. Parce que cette « Charte de projets en faveur d’une logistique urbaine », elle tient plus du décor que de la volonté d’agir.

 

Un décor : parce qu’elle consiste à repeindre la Charte de 2006.

On était d’ailleurs en droit d’en attendre un bilan détaillé… il n’est mentionné qu’en quelques lignes…C’est dire son efficacité en termes de réalisation !

Pour l’élément que vous mettez en valeur : la mise en œuvre d’un « règlement marchandises », il estinappliqué, inapplicable et pas pertinent.

 

Jamais il n’y a eu autant de poids lourds circulant à toute heure et stationnant dans n’importe quelle condition. Ce règlement, il est inapplicable, parce qu’en pratique un camion de livraison ne circule bien évidemment pas que dans Paris, mais tout au long de son trajet en Ile-de-France, il rencontre près de 100 réglementations différentes. C’est bien là le problème. Pour qu’une réglementation soit respectée, il faut qu’elle soit cohérente sur l’ensemble du territoire métropolitain sans quoi elle ne peut être pertinente et efficace.

 

Lors du débat sur le Plan de Déplacement Urbain d’Ile-de-France, je vous avais proposé un vœu en ce sens. Pourquoi l’avoir refusé ? Quel intérêt aujourd’hui de bâtir une Charte intramuros ne tenant pas compte de la dimension métropolitaine qu’implique par nature la logistique de marchandises ? Voilà pourtant une mesure directe, concrète, qui peut remettre un peu de cohérence dans le capharnaüm de ces réglementations si l’on réunit les différents acteurs. Elle devrait être une priorité, parce qu’elle peut être efficace, et non pas se perdre dans des incantations à l’horizon incertain.

 

Il était temps que vous vous intéressiez à l’enjeu de la logistique urbaine de marchandises. Mais, je regrette que cela passe à travers une simple Charte, dont le but n’est à vrai dire une opération de communication. C’est un enjeu qui mérite plus qu’une Charte de bonnes intentions, mais réclame une réflexion métropolitaine en profondeur.

 

Aujourd’hui, elle masque votre erreur de stratégie en termes de lutte contre la pollution, en particulier sur les particules fines. Car, 32 millions de marchandises transitent chaque année par Paris, dont 90% par la route (ce qui représente 20% du trafic en IDF). Or, ces poids lourds qui roulent au diesel (sont responsables de 50% de l’émission de particules fines aux heures de pointe) auraient du constituer la cible prioritaire d’action de la Ville depuis 2001 pour développer une offre alternative de transports. C’est par ce moyen que vous pouviez agir de la façon la plus efficace. Or, qu’avez-vous fait depuis 12 ans ? Toute votre attention s’est focalisée exclusivement sur les véhicules particuliers alors que le véritable problème, et la solution bien entendue, se situaient ailleurs…

 

Le Fret fluvial demeure anecdotique pour l’approvisionnement des magasins, vous êtes resté dans la politique du symbolique (c’est l’expérience de Franprix que vous ressortez systématiquement). Mais, on sait que pour que cette activité soit équilibrée, elle doit être dimensionnée à grande échelle. Clairement, vous n’avez pas fait ce choix dans votre utilisation du fleuve. Votre projet des berges de Seine en est l’illustration : les îles flottantes plutôt qu’une version moderne de la batellerie. Pourtant, nous savons que le vrai sujet réside dans le parcours du dernier kilomètre. Or, la Seine est le seul axe non saturé qui permette d’atteindre le cœur de la ville. Nous disposons d’une opportunité exceptionnelle pour repenser l’acheminement des marchandises vers un mode propre et durable. Malheureusement, votre seule initiative en la matière se résume au port du Gros Caillou. Même au moment de la conception des 31 escales de Voguéo, vous n’avez pas voulu prévoir une compatibilité avec l’implantation de plateformes logistiques. Quelle occasion manquée !

 

Depuis 12 ans, la plupart des sites logistiques ont été repoussés à 20 ou 30 kilomètres de Paris. Le départ des Galeries Lafayette à Marne la Vallée, de Sysley à Saint-Ouen l’Aumône ou du BHV à Ivry…On se retrouve dans la situation absurde dans laquelle, les poids lourds sont désormais obligés de faire des trajets beaucoup plus longs dans la capitale, ce qui accroît fatalement les nuisances et la pollution.

Et dire que l’on aurait pu profiter de la réouverture de La Samaritaine pour repenser son approvisionnement. Elle, qui se trouve le long de la Seine et qui aurait pu être approvisionnée par le fleuve si l’on avait imaginé des sites logistiques sur les quais bas, et qui va se retrouver le traditionnel défilé des camions de livraison parce que l’on aura pas prévu de site logistique approprié…

 

La logistique urbaine de marchandises n’est pas une question que l’on peut traiter à part, elle est précisément ce qui doit permettre d’allier développement économique et développement durable. Finalement, cette Charte de petits projets potentiels, sans cohérence métropolitaine manque d’ambition pour opérer la mutation nécessaire. C’est un petit coup de com, mais qui ne peut se revendiquer durable.

 

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