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Aménagement des rythmes éducatifs : l’addition sera lourde !

Aménagement des rythmes éducatifs : l’addition sera lourde !

Le 09/07/2013

Conseil de Paris, 9 juillet 2013

Intervention de M. Eric HELARD, Conseiller de Paris, vice-président de la Fédération UDI de Paris

 

Monsieur le Maire,

Mes chers collègues,

 

De petits mensonges en grosses omissions, nous voilà passés du mythe d’une réforme indolore à la réalité d’un avenir budgétaire obscurci.

 

De l’avance concédée, – sous la contrainte –  par la Ville à l’Etat qui ne s’acquittera du solde du fonds d’amorçage qu’en 2014, à l’absence de certitude quant à la pérennisation de ce fonds,- qui ne semble pas inscrite à l’agenda politique du gouvernement -, l’addition ne cesse d’enfler. Sans oublier l’aveu à demi consenti d’une ardoise de 50 millions d’euros en année pleine, loin de la prévision initiale de 20 millions, -timorée pour ne pas dire insincère…

 

Cependant, comme à l’accoutumée, l’exécutif tente de masquer ce dont les chiffres témoignent, et Madame Brossel d’arguer d’un « lissage » de ce coût suite à une première année d’embauches massives…Mais de quel lissage parle-t-on ? Rien que pour assurer la fonction d’animation, telle que décrite dans le « Schéma de développement » relatif au « Contrat Enfance Jeunesse », conclu avec la CAF, ce sont 13,5 millions qui seront mobilisés en 2013, puis 20,2 millions en 2014, 23,7 en 2015, pour atteindre 29 millions en 2016 ! C’est bien plutôt d’une montée en puissance de la dépense dont il s’agit ! Sans compter que le mécanisme du Glissement Vieillesse Technicité (GVT) induira inexorablement un accroissement de la masse salariale !

 

Rien qu’au seul budget supplémentaire, ce sont 25,8 millions d’euros qui sont provisionnés pour l’ARE et la charge nette de la Ville devrait représenter 30,2 millions en 2014.

 

Et pendant ce temps, les tarifs des activités périscolaires ([1]) augmentent de 2%, dans une dynamique désespérée visant à renflouer les caisses de la collectivité, une fois de plus aux dépens des Parisiens.

 

Une même logique dispendieuse et erratique semble animer la ventilation des crédits accordés aux associations et organismes ayant répondu à l’appel à projets culturels.

 

3,9 millions d’euros ont ainsi été attribués, avec une disparité considérable et sans que ne soient précisés ni le nombre d’élèves auxquels s’adressent les activités subventionnées, ni la composition, le contenu et le recensement exact des ateliers pourvus.

 

Ainsi, l’enveloppe la plus importante est-t-elle attribuée à l’Association du Théâtre de la Ville à hauteur de 500.000€ pour un atelier théâtre, -ou peut-être plusieurs, nous l’espérons à ce prix !-, perpétuant le penchant de la collectivité à grassement doter cette institution qui a reçu, rien que pour la seule année 2012, 10,65 millions d’euros de subvention de fonctionnement.

 

A titre comparatif, « l’Atelier de Paris Carolyn Carlson » ne  reçoit que 20.115€ pour une prestation dont on ne saurait douter de la qualité.

 

Comment expliquer un tel différentiel, alors même qu’aucune information ne nous parvient sur le volume des activités dévolues à chaque partenaire ? Est-il lié au nombre d’ateliers dispensés ? Au cachet des intervenants ? A ce tarif, faut-il s’attendre au retour de Gérard Depardieu ?

 

Le musée national Picasso se montre, lui, bien moins gourmand, et se contente de 1.500€ pour un atelier arts plastiques, à mettre en regard des 281.960€ pour le Forum des images…

 

Il en va pareillement de l’appel à projets pour des ateliers d’animation innovants et  pluridisciplinaires, tandis que les subventions sont réparties de 715 jusqu’à 430.000 euros pour l’association « Science créativité interdisciplinarité recherche éducation ».

 

Que justifie un tel montant ? Est-il proportionnel à la longueur du nom de l’association ou lié au fait que Paris assure déjà un mécénat actif auprès de celle-ci?

 

De quelle manière les parents ont-ils pu faire leur choix, quand les élus eux-mêmes ignorent ce dont il s’agit ?

 

Quant à la répartition territoriale des activités, comment ne pas craindre qu’elle ne soit ni cohérente ni équitable ?

 

Si les élus locaux ont été associés aux concertations relatives au choix des associations portant les projets pluridisciplinaires, par le biais des commissions locales réunies au sein des Circonscriptions des Affaires Scolaires et de la Petite Enfance, quel traitement par les chefs de projets ARE et l’exécutif parisien a-t-il été réservé aux remarques effectuées sous forme d’ « avis en opportunité » ?

 

De même, si les mairies d’arrondissement ont été « consultées » afin de « faire connaître leurs observations à la Commission de sélection des projets culturels », la décision d’implantation par arrondissement dépend de la seule volonté de cette Commission, constituée de Monsieur Julliard, Madame Brossel et des services des Directions des affaires scolaires et culturelles.

 

La voix des maires est donc réduite à un écho lointain, tandis que parmi les 91 associations culturelles présentées et soutenues par eux, seules 58 ont été sélectionnées.

 

Votre conception de la gouvernance, Monsieur le maire, repose sur un simulacre de plébiscite, alors qu’il est fait bien peu de cas des recommandations émises par les élus locaux.

 

De plus, en dehors du strict contrôle budgétaire des associations, un bilan qualitatif annuel s’avère indispensable, bien qu’il ne paraisse nullement prévu !

 

Enfin, les parents pauvres de la réforme, que sont les conservatoires, se verront dotés de 7 postes supplémentaires de professeurs, quand ces derniers en réclament 20, sur les 18 conservatoires existants…Est-ce à dire que le maire de Paris entérine une fréquentation identique avant et après réforme dans la plupart des conservatoires ?

 

Est-ce là l’aveu d’un échec annoncé ? Ou bien un manque de moyen avéré ?

 

Monsieur le maire, ce sont autant d’incertitudes et d’approximations qui ne trouveront pas de réponse, pas même lors de la traditionnelle communication sur la rentrée scolaire, puisque vous avez choisi d’annuler le Conseil de Paris de septembre prochain, alors même qu’il aurait été des plus utiles de faire un point sur les premiers pas de la mise en œuvre de l’ARE…

 

Un rendez-vous manqué, voilà donc ce que vous nous promettez…

 

[1] hors ARE, « classes à Paris » et « ateliers du samedi matin » qui sont gratuits

 

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